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Chers Amis,

A l’occasion de la Nouvelle Année 2012 je vous offre une Nouvelle Rubrique. Elle porte le titre de :

«SI-BERTO» m’était conté

 

Elle comprendra  des  textes et des poèmes tirés de mes recueils non encore édités :

PROPOS A TIRE-LARIGOT et

POEMES HETEROGENES

 J’espère qu’ils vous feront passer des moments agréables.

 

AVIS AUX LECTEURS :

Ces recueils sont dédiés à ceux qui aiment la Vie et l’Humour. Sérieux : s’abstenir.

 

 

 

Septembre 2014

 

 

 

HIPPOLYTE, ZENOBIE & EUSEBE

 

 

J’ai connu un monsieur qui avait un commerce de prêt-à-porter au détail. Ses affaires marchaient bien. Si bien, qu’il prit un autre magasin. Puis un autre, encore un autre et, enfin, le cinquième. Il n’avait plus une minute à lui ! Tous les jours, de bon matin, il courait chez les fabricants et les grossistes pour acheter des marchandises. Après quoi, il courait encore et encore afin d’approvisionner ses cinq magasins. Il n’avait plus le temps ni pour manger, ni pour se reposer ni même pour s’occuper un peu de sa femme et de ses enfants. Les dimanches et jours fériés ainsi que tous les soirs, tard dans la nuit, il faisait ses comptes. Il aurait pu se faire aider en engageant un directeur commercial, un homme de confiance ou tout autre mais il ne voulait pas « payer ». Et un jour, ce qui devait arriver arriva : il mourut subitement d’une crise cardiaque à 52 ans en laissant une grande fortune à ses héritiers.

 

Cela fera un an, en Juillet,

Que mon pauvre ami Hippolyte

A été solennellement enterré

Après sa mort subite.

Le Tout-Paris était présent

Et, même, Monsieur le Maire :

Amis, fournisseurs et parents,

Pour lui, en étaient tout fiers !

C’est que Hippolyte TARTEMPION

N’était pas n’importe qui !

Sa fortune se chiffrait par millions

Mais…il ne l’emporta pas avec lui.

Parti de presque rien

Il travailla d’arrache-pied

Pour agrandir son bien

Et ne se distrayait presque jamais.

Durant les premiers mois

Zénobie, sa veuve, fut inconsolable

Puis, comme elle n’est pas faite de bois,

Elle prit pour amant Eusèbe, son comptable.

Celui-ci n’avait pas inventé

Le fil à couper le beurre

Mais il avait, en amour, des qualités

Qui firent, de Zénobie, le bonheur.

Car la pauvre dame avait presque oublié

Les joies de la vie conjugale

Hippolyte étant toujours fatigué

Par suite de ses occupations commerciales.

Pendant qu’Hippolyte est, maintenant,

Le MORT le plus RICHE du cimetière

Zénobie, avec Eusèbe, son amant,

Dépensent sa fortune en noubas et croisières.

 

Cette situation n’est pas nouvelle

Et elle se répète tous les jours !

Les gens oublient qu’ils sont mortels

Et continuent à amasser pour leurs « vieux jours »

Il y a même ceux qui travaillent

Sans savoir exactement pourquoi ?

Hypnotisés, ils continuent vaille que vaille

A bosser comme des parias.

Enchaînés à leur boulot,

Ils n’ont guère le temps

Ni de dépenser leurs fafiots

Ni de prendre du bon temps.

La vie est-elle donc faite

Uniquement pour turbiner ?

Faut-il vraiment attendre la retraite

Pour pouvoir en profiter ?

Et comment pourrait-on en jouir

S’il faut d’abord attendre

De pouvoir abondamment s’enrichir

Pour s’autoriser à y prétendre ?

Si l’on ne meurt pas en cours de route

On se retrouve un beau jour

Semblable à une vieille croûte

Recroquevillée comme un topinambour !

La stature avachie

Les guiboles tremblantes,

Les « clochettes » ramollies

Et la « quéquétte » pendante !

L’on s’aperçoit alors

Qu’on a raté le coche

Pour amasser de l’or

Mais…que l’on est devenu une cloche !

Si le travail est un plaisir,

Les joies de la vie sont nombreuses ;

De ce vice, sachons nous affranchir

Et nous aurons une vie heureuse.

 

 Tiré de  POEMES HETEROGENES (à suivre)

Albert Pardo

N.B. : Loin de moi l’idée de dénigrer le TRAVAIL ou d’encourager la FENEANTISE ! Mais continuer à se TUER de travail RIEN  QUE pour amasser  de plus en plus d’argent est une G R A N D E  ERREUR !

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LES  SUPPOSITOIRES.

 

 

Avez-vous remarqué combien certains suppositoires sont difficiles à « avaler » ? On dirait qu’ils refusent de se laisser enfermer. Ils sont récalcitrants de nature. Au bout de deux minutes, vous en avez plein les doigts. D’autres, les pauvres, ont tout simplement peur de l’obscurité. Il faut se mettre à leur place ! qui de nous serait heureux de se trouver poussé de force dans un réduit isolé et, de plus, nauséabond ? Heureusement que certains autres se laissent faire sans rechigner : à peine à la porte de « l’appartement » qu’ils s’y glissent sans tambour ni trompette, ni vu ni connu, passé muscade !

 

J’ai eu plein d’aventures avec les suppositoires, surtout ceux qui contiennent des anti-inflammatoires. Allez savoir pourquoi ? Lorsque mon médecin m’en prescrit, je lui demande toujours si ce médicament n’existe pas sous forme de sirop, de gélules ou de comprimés. Il s’étonne de mon manque de coopération. Il change l’ordonnance mais, pour les anti-inflammatoires, impossible ! Il paraît que, sous forme de comprimés, ils font des dégâts à l’estomac.

 

L’autre soir, j’avais passé une journée épouvantable. Des douleurs rhumatismales partout, partout. Alors, la mort dans l’âme, je prends un suppositoire et me rends dans la salle de bain. C’est toujours la même histoire : impossible de trouver la bonne méthode pour introduire ces maudits suppositoires !

 

Il paraît qu’il y a ceux qui le font très facilement, debout en se penchant un petit peu en avant. D’autres, au lit, sur le côté. D’autres encore, accroupis. Moi, j’ai essayé toutes les positions. Je pourrais écrire un livre intitulé LE  KAMASOUTRA  DES  SUPPOSITOIRES.

 

Bref, après mille difficultés, je m’accroupis dans ma salle de bain avec des fortes douleurs aux genoux où mon arthrose est très avancée. Je m’enfile le suppositoire. Il saute par la « fenêtre » à pieds joints et rebondit près de l’évier comme un saltimbanque ! Si je vais me mettre debout pour le rejoindre, je ne pourrais plus me ré accroupir tant les douleurs de mes genoux sont atroces. Je me mets à quatre pattes pour aller vers lui. A peine l’ai-je attrapé que, pffuit, il me glisse entre les doigts et retourne  d’où il était venu ! Une nouvelle tentative, sur le ventre cette fois-ci. Mais ma parole, il me nargue !Attends un peu mon bonhomme, je vais te faire voir de quel bois je me chauffe ! Je me munis d’une serviette et, doucement, sans avoir l’air de rien, je progresse dans sa direction en rampant. Je lance la serviette sur lui. Il saute en l’air et feinte. En essayant de le rattraper à la volée, je fais un faux mouvement, tombe et me cogne la tête contre la baignoire. Je vois 36 chandelles !

 

Ma femme a entendu le coup et me rejoint, toute inquiète. « Encore tes problèmes de suppositoires, me demande-t-elle ? » Je lui propose de se l’administrer à ma place car, elle, elle n’a aucune difficulté à le faire. Elle hausse les épaules et s’en va furieuse. Bref, ce soir-là, je ne me suis pas mis de suppositoire et j’ai souffert en silence.

 

Je crois que, la prochaine fois, je vais l’enduire de gelée de framboise et l’avaler par la bouche : qu’importe la voie d’acheminement pourvu qu’elle produise son effet ?

 

TIRE DE PROPOS A TIRE-LARIGOT (à suivre)

Albert Pardo

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Mai 2014

 

UNE  ETRANGE  HISTOIRE

 

Dans une toute petite ville

Des Alpes de Haute Provence,

Vivait un gars bien tranquille,

Tout en moins en apparence.

 

Il était moniteur d’une auto-école

Et, en tous autres domaines, inculte ;

Mais il était quelque peu fol

De l’Amour, il en faisait un culte.

 

Ainsi, à chacune de ses clientes

Qui venait demander comment

Apprendre la conduite et ses chartes

Pour devenir AS DU VOLANT,

 

Au lieu d’en conduire la main

Sur le changement de vitesses

Celle-ci la trouve, tout soudain,

Sur quelque chose de rigide …qui se dresse !

 

Il advint que l’un de ces jours,

La femme du facteur

Voulut approfondir ce cours

Et l’invita chez elle, vers les dix heures.

 

Mais son époux, digne fonctionnaire,

Ayant tôt fini sa tournée,

Dare dare chez lui s’affaire

Pour profiter de sa  journée….

 

Qu’elle n’est pas sa surprise

Dès la porte de l’appartement franchie

De trouver la quéquette du gars prise

Dans ce qui sert à sa femme de Paradis !

 

Car la pauvre dame, de saisissement

De se voir attraper par son mari,

Se contracta tout soudainement

Emprisonnant l’instrument de son ami !

 

Le premier moment de stupeur passé,

Le facteur alla aux choses pratiques ;

Mais il eut beau à hue et à dia tirer

Impossible de dégager, au type, sa trique !

 

De guerre lasse et la mort dans l’âme

Il téléphona aux Pompiers :

Ceux-ci ne purent ôter le lance-flammes

De l’appareil où il était coincé.

 

Finalement, on emmena le couple étrange,

Bien tendrement enlacé,

A l’hôpital de la rue Fontange

Où, promptement, il fut piqué.

 

Enfin, il retira son zizi

Tout rouge et endolori

Et jura (mais fol est qui s’y fie)

Qu’à ce piège ( ?) il ne sera plus jamais pris.

 

La morale de cette histoire,

Mes très chers concitoyens

Est que, si vous redoutez les déboires,

Restez bien tranquilles dans votre coin.

 

Mais si l’aiguillon de l’Amour vous turlupine

Et ne vous laisse aucun répit,

Habillez donc votre précieuse p…

D’un bon préservatif garanti.

De sorte que, à l’instant même

Où la gente dame défaille,

Vous retiriez votre ‘’instrument’’ de sa gaine

Qui, seule, reste coincée dans sa faille.

BREVETE  S.G.D.G.

(POEMES  HETEROGENESAlbert Pardo)

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ECOLOGIE  APPLIQUEE

 

Sauf votre respect, tout le monde pète ! C’est indéniable !

Tout le monde pète mais personne n’en parle. Il est vrai que c’est un sujet scatologique mais si je soulève (!!!) la question, c’est par devoir civique. Suivez-moi, vous comprendrez.

Donc, petits ou grands, gros ou maigres, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, tous, tous pètent. Même les Députés, les Sénateurs, les Rois et Présidents de République et, pourquoi pas (que Dieu me pardonne) même le Pape…Si ! si !

Il y a ceux qui pètent pour ainsi dire, à voix basse. D’autres, d’une façon tonitruante. Il y a des pets mélodieux, ceux des dames par exemple et d’autres, discordants qui vous cassent les oreilles. Il y a des pets allègres et guillerets qui vous mettent de la joie à l’âme et d’autres, profond et sinistres qui traînent des fers aux pieds et soupirent lugubrement, des pets de fantômes de châteaux hantés. Il y a ceux en cascades sans fin et d’autres, en coup d’arquebuse. Il y a même des pets de nonne qui fleurent bon la fleur d’oranger. Il y en a  en sténographie ou bien  sur ordinateur. En un mot, il y en a en tous genres et pour tous les goûts.

Mon ami E., grand amateur de cassoulet, me dit qu’il lui arrive de péter si fort que les murs en tremblent et que des bibelots tombent des étagères ; ce n’est pas de la vantardise car il ment rarement.

Mais pourquoi diable je vous parle de pétards ? Ah ! oui, voici la raison :

Avez-vous remarqué que, maintenant, tout le monde n’a à la bouche que les mots ECOLOGIE et ECONOMIE D’ENERGIE ? J’ai donc pensé que, si on pouvait inventer un petit appareil pour récolter ces milliards de pets émis en pure perte, on pourrait les stocker dans des réservoirs, comme le pétrole. Ce serait une énergie « naturelle » à l’instar du chauffage solaire ou de l’énergie éolienne qui pourrait faire fonctionner écologiquement des usines, voire des automobiles, sans pollution atmosphérique…Pourquoi pas ?

La difficulté serait de trouver un endroit pratique pour poser ces petits appareils. Pas à la source du bruit car les gens ne pourraient  plus s’asseoir confortablement. Peut-être dans le conduit auditif ou bien, le soir, dans les narines…Je dis LE SOIR parce que j’ai remarqué que, LE JOUR, les gens se retiennent mais que, LE SOIR, ils s’en donnent à cœur joie.

Enfin, moi,  je vous ai proposé l’idée, à vous de jouer. 

 

(PROPOS A TIRE-LARIGOT – Albert Pardo)

 

 

 

Janvier 2014

 

MON  CHAT  M’A  DIT …

Tranquillement assis dans mon fauteuil préféré, je savourai le livre que j’étais en train de lire. Quel calme après le tohu-bohu de l’après-midi !

Nous avions reçu à déjeuner notre groupe d’amis. C’était notre tour. Le train-train habituel : d’abord l’apéritif puis, déjeuner, dessert,  café et liqueurs. Comme d’habitude, durant la dégustation du café, la conversation se déchaîna. Comme d’habitude, il y eut plusieurs sujets abordés en même temps. Qui parlait politique, qui parlait voyages, qui d’autre  finances…Tous en même temps ! Le champagne à l’apéritif s’était laissé boire comme du petit lait, le ‘’trou normand’’ avait été servi dans une coupe au lieu du petit verre classique, les vins d’accompagnement étaient capiteux et les liqueurs avaient eu du succès. C’est dire combien les verbes étaient hauts et l’animation…très animée.

Puis le moment des parties de cartes sonna. Nous composâmes nos groupes habituels et nous nous mîmes à battre le carton. Bientôt, comme d’habitude également, il y eut à la table de Georges force discussions, interprétations contradictoires, véhémentes protestations. Georges sema la pagaille comme il le fait plus souvent qu’à son tour. Chaque fois  que la discussion semblait se calmer il la relançait de plus belle par ses remontrances, risquant d’augmenter ainsi la mauvaise humeur générale et de faire tourner à l’aigre cette réunion si sympathique jusqu’à là.

J’ai essayé de le calmer gentiment mais ce fut peine perdue. Je n’ai donc pu me retenir de le brusquer un tout petit peu. Alors, il cessa et nous reprîmes sereinement le déroulement de nos parties respectives. Mais Georges s’était senti blessé. Il n’ouvrait plus la bouche et, au moment du départ, son ‘’au revoir’’ avait été des plus froids. Je n’étais pas content de ma remontrance à Georges mais je me disais qu'il n’y avait pas moyen de faire autrement car il était coutumier du fait.

Soudain, dans le silence de la nuit, j’ai entendu distinctement ceci : TU  AS  EU  TORT !

Sur le coup, j’ai cru que c’était moi qui avais prononcé ces paroles mais ce n’était pas ma voix ! J’ai regardé partout pour voir s’il n’y avait pas QUELQU’UN avec moi dans la pièce mais il n’y avait PERSONNE ! Et, de nouveau, j’ai entendu clairement : Oui ! oui ! tu as eu tort ! Alors j’ai constaté, à ma grande surprise, que la voix sortait de la gueule de Robert, notre chat siamois ! Je n’ai pu m’empêcher de lui répondre :

-     Et pourquoi donc ai-je eu tort ?

-      C’était ton invité, qu’il me dit et on ne rabroue pas un invité.

-  Mais je ne l’ai pas rabroué ! J’ai essayé tout simplement de lui faire prendre conscience qu’il était en train de perturber notre gentille réunion amicale et de mettre tout le monde de mauvaise humeur.

-      Ce n’était pas une raison et puis, C’ETAIT TON INVITE !

Oubliant que je parlais à un chat, ce qui n’était pas du tout ordinaire, je continuais :

-      Alors, Monsieur Robert non seulement tu me critiques mais, encore, tu philosophes ? d’où tiens- tu donc toute cette sagesse ?     

-      C’est que j’ai été élevé par mon père, lequel a été élevé par le sien et cela remonte jusqu’à un ancêtre qui était le chat de Blaise PASCAL…

A ce moment, l’énormité de la chose m’apparue : un chat qui  P A R L E ? J’allais lui répliquer lorsque le livre que je lisais me tomba des mains et je me réveillais en sursaut. Vous l’avez compris, je m’étais endormi en lisant et cette conversation avec mon chat n’était que le fruit de mon imagination teintée, peut-être, d’un peu de remords envers Georges. Mon subconscient s’était manifesté à sa manière et je me promis que, à l’avenir, je m’efforcerais d’être plus patient.

                                     Albert Pardo (PROPOS A  TIRE-LARIGOT)

 

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C H E Z   A N N I E

 

Non loin d’Oraison (Alpes de Haute Provence), se trouve un Hameau : LE CASTELET, où il y avait le Restaurant CHEZ ANNIE. La patronne élaborait un pâté délicieux qu’elle enfermait dans des petits bocaux en verre, sous vide. Elle en apportait un avec les hors-d’œuvre et vous annonçait, avec une lueur sardonique dans le regard : ‘’si vous arrivez à l’ouvrir, je vous l’offre sinon, je le reprends !’’.

Pour l’ouvrir, il fallait tirer sur une languette en caoutchouc qui, la plupart du temps, cassait et vous restait entre les doigts ! Il fallait alors batailler avec, tour à tour, le couteau, la fourchette, la cuiller, pour arriver à faire céder ce maudit couvercle car il n’était pas question des se priver de ce savoureux pâté…

 

Connaissez-vous ‘’ CHEZ  ANNIE’’

Du côté du Castelet ?

Un jour, de ma part, allez-y

Vous y serez ‘’soigné’’ ( !)

C’est mon copain Elie

Qui m’y a emmené un dimanche;

La patronne est accorte et gentille

Avec une carnation rose et blanche.

Sa cuisine est célèbre

De Marseille à Oraison

Mais la vôtre sera vite funèbre

Si vous tâtez ses rognons.

Car elle a un mari jaloux

Et quand devant lui je passe,

Il me regarde avec courroux

En frottant deux couteaux qu’il repasse.

 

Courez vite dans la salle à manger

Sans regarder en arrière,

Vous y serez en sûreté

Du moins jusqu’à ce que votre repas se digère.

Sans avoir l’air d’y toucher

Annie vous proposera

D’abord, tout ce qui est resté

Depuis la dernière fois.

 

Méfiez-vous surtout

Si, gratuitement, elle vous offre

Un genre de canigou

Que, dans de petits bocaux, elle « coffre ».

Pour arriver à les ouvrir

C’est la croix et la bannière

Et, avec son charmant sourire

Elle attend, de vos heures, la dernière…

En le dégustant, vous aurez l’impression

Que c’est du pâté de grive…

Mais allez-y doucement

Pour que rien de mal ne vous arrive.

Ne forcez surtout pas trop

Sur la charcuterie,

Elle est salée de trop

Et vous donnera vite la pépie.

 

Je vous recommande vivement

Les alouettes sans tête

Mais faites-les goûter auparavant

A votre charmante starlette.
Vous joindrez l’avantage

D’avoir échappé à un grand danger

A celui d’un veuvage

Que vous aurez, indirectement, déclenché !

 

Ne faites surtout pas la gueule

Si, le moment venu,

Vous voyez marcher tout seul

Le plateau de fromages, garni.

N’y touchez pas trop

Et contentez-vous

De regarder les asticots

En venir à bout.

 

Ce ne serait pas salubre

En mangeant votre forêt noire,

De prendre cette mine lugubre

En hoquetant de désespoir.

Et, quand d’un air détaché

Elle annoncera l’addition,

Ne montrez pas que vous êtes fâché

Et quittez la place à reculons.

 

Autrement, vous vous retrouveriez,

Sans savoir comment,

Dans de petits bocaux, accommodé

Avec, tout autour, des cornichons !

Maintenant que j’ai débité

Toutes ces méchantes calomnies,

Il faut que j’avoue la vérité

Ou je mériterais d’être maudit.

Chez Annie, divinement on mange,

Sa cuisine est savoureuse ;

Elle a un sourire d’ange

Et des rondeurs charmeuses.

Si j’ai tenté de vous en détourner

C’est que je voulais garder tout pour moi

Et, tout seul, m’en régaler

Car  T O U T  est de premier choix 

 

Albert Pardo (POEMES HETEROGENES)

 

 

Septembre 2013

LA  CREATION  DE  L’HOMME

 

Il est écrit dans la Bible que, au sixième jour de la Genèse, je cite :

 

«  Dieu créa l’Homme à Son image. L’Eternel Dieu forma l’Homme de la poussière de la Terre, Il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’Homme devint un être vivant. »

 

J’ai le plus grand respect pour les Saintes Ecritures ; cependant, je suis persuadé que ceux qui ont écrit la Bible ont été souvent, comme dans ce cas, vite en besogne. Ils n’ont pas explicité. En effet, qui pourrait croire que les bêtes sanguinaires sous un aspect humain qui tuent et égorgent, les tortionnaires, les ennemis du genre humain, ont été « crées à l’image de Dieu ? » C’EST IMPOSSIBLE !

 

Moi, je pense ceci : après que Dieu a façonné l’Homme avec du limon de la Terre et qu’Il a soufflé dans ses narines un souffle de vie, comme il est écrit, Il ajouta certains ingrédients qui n’ont pas été mentionnés dans la Bible.

 

A mon avis, Il incorpora à ce souffle un peu de la sagesse du hibou et de la folie du dogue, de la douceur de la gazelle et de la cruauté du tigre, de la lubricité du singe et de la fidélité du pigeon, de la patience de l’âne et de la fougue de l’étalon sauvage, de la lourdeur de l’éléphant et de la légèreté de l’écureuil, de l’avarice de la fourmi et de la prodigalité de la cigale, de la hargne de l’hyène et de la placidité de la tortue. Il ajouta par-dessus tout cela un peu de générosité et un peu d’avarice, de l’esprit de sacrifice envers autrui et de l’égoïsme féroce ainsi que de nombreux autres défauts et qualités.

 

Au moment de terminer son œuvre Il a dû se dire ceci :

« Si j’octroie à l’Homme et, par la suite, à ses descendants toutes ces qualités et tous ces défauts dans les mêmes proportions, Je mettrais sur Terre une horde de ROBOTS qui agiraient tous de la même manière et dans la même direction ce qui ne serait pas pratique. » Alors, à mon avis, Il ajouta à son souffle une hormone ou un gêne ou appelez cela comme vous voulez, afin de varier dans chaque descendant de l’Homme les proportions des qualités et des défauts.

Et c’est ainsi que vous trouverez dans le genre humain des braves gens et des salopards, de ceux qui aiment leur prochain et d’autres qui les détestent, des prodigues et des fesse-mathieux, des religieux et des mécréants, etc…etc…Qu’en pensez-vous ? Votre opinion m’intéresse.

                                                Albert Pardo ( PROPOS A TIRE-LARIGOT)

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A  L’ EGYPTE  ETERNELLE.......

     A  ALEXANDRIE  LA  BELLE …….

 

 

 

 

  S O U S    T O N    C I E L    B L E U*

 

 

Sous ton ciel bleu

J’ai vu le jour.

Sous ton ciel bleu

J’ai été comblé d’amour.

D’abord, celui de ma famille

Puis, celui de mes amis

Enfin, celui de mon épouse chérie.

Sous ton ciel bleu

Les Fils du Nil

M’ont abondamment octroyé

Considération, Confiance,  Amitié.

Sous ton ciel bleu

Je me suis toujours efforcé

De mériter ce qu’ils m’ont donné.

Loin de ton ciel bleu

Je clame sans cesse

Ta générosité  et ta gentillesse

Et, si le célèbre adage ne ment pas

Qui dit  :  ‘’  QUI A BU L’EAU DU NIL EN BOIRA  ‘’

Alors, je reviendrais me désaltérer

Aux Sources de l’Hospitalité,

Sous ton ciel bleu.

 

·        Hommage au Pays et à la Ville qui m’ont vu naître.

                                                  

                                    (Albert Pardo : Poèmes Hétérogènes)

 

 

 

 

 

Mai 2013

 

UNE  REFLEXION SUR « L’HOMME »

 

         On dit que l’Homme est la seule créature qui marche à quatre pattes après sa naissance, sur deux pattes de l’enfance à l’âge mûr et sur trois (deux jambes et une canne) à sa vieillesse. Ceci, pour illustrer son parcours de vie.

 

         Si on considère que la durée de vie moyenne actuelle, de l’Homme et de la Femme confondus, est de 80 ans, on constatera qu’il y a trois périodes importantes à partir de leur naissance qui se résument, grosso modo, ainsi :

 

Première période :   de   0 à 20 ans.

Deuxième période :  de 20 à 60 ans.

Troisième période :  de 60 à 80 ans.

 

Durant la Première et la Troisième période, l’Homme (et la Femme) dépend en grande partie des autres pour survivre. De 0 à 20 ans, il dépend de son entourage pour sa nourriture, son éducation, son existence physique et sociale. Mais, à la Deuxième période, de 20 à 60 ans, il devient indépendant et autonome. Grâce à sa personnalité, à ses talents, à ses désirs profonds et à de nombreux autres facteurs, il peut devenir ANGE ( Dr.Schweitzer, Sœurs Térésa et Emmanuelle, Pasteur,etc.) ou bien DEMON (Hitler, Eichmann et autres racistes et dictateurs sanguinaires…). Entre les Anges et les Démons, il y a la foule des capitaines d’industrie, des savants érudits, des foudres de guerre, des politiciens honnêtes ou véreux, des hommes d’église et, enfin, de la cohorte des gens ordinaires comme vous et moi.

 

Puis, voici arrivée la Troisième période de 60 à 80 ans ! Ses forces déclinent et tout fout le camp : sa santé, ses cheveux, sa vue, son audition, ses dents, etc. Petit à petit, il devient une charge tant pour les siens que pour la société. Les souffrances physiques et morales l’assaillent. Il se décrépit tout au long des années jusqu’à devenir, pour certains, sénile ou grabataire, ou les deux. Quelle déchéance et quelle pitié pour celui censé avoir été créé à l’image de Dieu !

 

Alors, certains disent que la vie est mal faite et qu’il aurait été préférable de naître VIEUX et malade et de mourir BEBE et en bonne santé. Or, cela n’est pas possible ! Peut-on envisager des futures maman portant un fœtus de 70 kilos, poids moyen d’un humain ? Non, ce n’est pas possible !

 

Mais alors, me direz-vous, où est la solution ? Moi, je propose aux savants qui s’occupent des recherches sur les gènes et les chromosomes, sur l’A. D. N. et autres manipulations génétiques, ceci :

 

Pourquoi ne pas orienter leurs recherches en vue de DOUBLER la longévité de l’Homme à partir de 65 ans tout en lui faisant faire, physiquement, un  parcours inverse de celui qu’il aura eu jusqu’ici ? A partir de 65 ans, l’Homme aura de nouveau 64 ans, puis 63, 62, 61, 60, etc. Petit à petit, il recouvrira ses forces. Il retrouvera ses cinq sens. Ses cheveux et ses poils repousseront. Ses rides s’effaceront et, au fur et à mesure qu’il rajeunira, il redeviendra créatif, combatif, travailleur, pour son bien et celui de la collectivité.

 

Il continuera à rajeunir jusqu’à redevenir un simple spermatozoïde que les savants mettront entre deux lames de verre pour l’étudier au microscope. Ils classeront ces lames dans une SPERMATOZOITEQUE. Chaque paire de lames portera une référence qui correspondra à  un dossier où sera consigné tout ce qui se rapporte à ce personnage : nom, date de naissance et celle de sa réintégration in vitro, professions, qualités et défauts, hérédité, hauts faits, bons ou mauvais.

 

Il n’y aura donc plus besoin de cimetières qui s’étendent à l’infini en envahissant les agglomérations urbaines ou campagnardes. Il n’y aura plus de caveaux somptueux pour les riches et de fosses communes pour les pauvres, au grand dam des croque-monsieur et croque-madame, c'est-à-dire des croque-morts qui n’auront plus rien à croquer et qui resteront ainsi sur leur faim. Les comptes de la Sécurité Sociale seront, enfin, positifs.

 

Et un beau jour, un savant plus intelligent que les autres découvrira que tous ces spermatozoïdes appartenant à des Rois ou des Présidents, des riches ou des manants, des génies ou des demeurés, des blancs ou des noirs, des asiates ou des peaux-rouges, des chrétiens ou des musulmans, des juifs ou des païens, sont tous de la même couleur et, pour autant que je le sache, de la même composition chimique c’est-à-dire rigoureusement identiques les uns aux autres.

 

Partant de là, il n’y aura aucune raison valable de les « archiver » pour les distinguer les uns des autres. Alors, on jettera à la poubelle le contenu de toutes les SPERMATOZOITEQUES et on réduira les heures de présence des fonctionnaires de santé.

 

                                   Propos à Tire-Larigot

                                         D’Albert Pardo

 

 

LA  RUEE  VERS  L’OR

 

En 1973, le système d’échange fixe concernant la parité du dollar et de l’or, établi par les accords de Brettons Wood de 1944, disparaissait; à la suite de quoi le cours de l’or se mit à flamber de jour en jour et, autour de moi, je voyais de nombreuses personnes se mettre à boursicoter à tour de bras. Personnellement, je ne me suis jamais intéressé à l’or plus que l’achat de mon alliance de mariage mais j’ai écrit ce poème à la première personne pour ne pas froisser quiconque car j’ai été témoin des comportements décrits ci-après.

 

1)Depuis quelques semaines                        9) Depuis que je boursicote

Le monde de la finance est en folie;            Avec ce maudit lingot,

La raison de cette faridondaine                   Plus rien ne m’asticote

Est le métal jaune, en lingots ou en louis      Et je ne fais plus dodo.

 

2)Chacun veut en acquérir                           10) Un jour je me suis dit :

A n’importe quel prix                                   Cela ne plus durer !

Dans l’espoir de, vite, s’enrichir                   Je ne vois plus mes amis

Et faire le nabab à Chamonix.                       Et je néglige ma moitié !

 

3)Moi aussi, comme tout le monde,               11) Alors, j’ai vendu mon lingot

J’ai voulu en avoir :                                       Et ne l’ai plus racheté ;

J’ai  cédé mes prébendes                              Dans la poche de mon manteau

Et gratté mes fonds de tiroirs.                     Un lingot de plomb l’a remplacé.

 

4)J’ai transformé le tout                              12)Je l’ai peint en  JAUNE  OR

En un joli petit lingot,                                   Puis je l’ai bien verni ;

Que je promène avec moi, partout,               Je dors bien depuis lors

Par crainte des cambriolos.                           Et je contente femme et amis.

 

5)Je l’ai revendu et racheté                          13)Lorsqu’il m’arrive parfois

Une bonne dizaine de fois                              De voir à la télé

Et chaque opération m’a rapporté                   La cote du métal roi,

Quelques fafiots en extra.                             Cela me fait rigoler…

 

6)Dès que je le revends,                                 14)Car, si son prix a baissé,

Je me repens aussitôt ;                                  Je m’en fous puisque je n’en ai plus !

Alors je le rachète et le reprends                  Et s’il a bien haussé,

Dans la poche de mon manteau               A mon lingot de plomb j’applique cette plus value.

 

7)A peine rentré à la maison,                          15)Avec l’argent que j’ai réalisé

Chaque jour à midi,                                         Je m’achète, toutes les fins de semaine,

J’allume la télévision                                       Du champagne, du caviar, du saumon fumé

Après le déjeuner, que j’expédie.                    Et du homard à l’américaine.

 

8)J’attends, le cœur battant,                          16)Et puis, de temps à autre,

Les nouvelles de LA  BOURSE !                        Je caresse mon lingot de plomb :

Et me voilà calculant et supputant              Il me donne autant de satisfaction que l’autre

Pire qu’un mordu des courses !                          Sans qu’il m’ait coûté un rond !       

 

Poèmes Hétérogènes

Albert Pardo

 

 

Janvier 2013

 

C ON F E S S I O N

 

Je voudrais vous faire un aveu

Mais ne sait comment m’y prendre…

C’est un sujet épineux

Qui risque de vous surprendre.
Au moment de me jeter à l’eau

J’hésite encore un peu…
Je me sens comme un godelureau

Un tantinet prétentieux !

 

A vous dire la vérité

Je n’en suis pas responsable ;

A vous aussi cela pourrait arriver

Et vous ne seriez pas coupable.

Voici de quoi il s’agit :

Mon Dieu ! Comment le dire ?

C’est une affaire de lit

Comment allez-vous réagir ?

 

Ne me jetez pas la pierre

C’est arrivé malgré moi !

Il est vrai que c’est un adultère

Et je me sens en plein désarroi !

C’est que, depuis plusieurs années,

Une maîtresse s’est imposée à moi ;

Chaque nuit elle vient me visiter

Et nous formons un ménage à trois.

 

Au début, ma femme s’est révoltée

Et ne voulait rien entendre.
Puis, petit à petit, elle s’est résignée

Pour ne pas déclencher un esclandre.
Alors, toutes les nuits,

Cette dame se glisse entre nous

Et, dès que je m’assoupis

Elle me susurre des mots doux…

 

Elle me parle des Iles, de Tahiti,

De plages de sable fin, de lagons bleus,

De perroquets, d’oiseaux du Paradis,

De fleurs exotiques aux parfums capiteux…

Elle me raconte des choses tendres

Ou me dévoile des sujets cochons !

Les premiers m’aident à me détendre

Les seconds, me font monter le rouge au front.

 

Lorsque, de fatigue, je roupille

Et que je me mets à ronfler

Elle me griffe, mes oreilles elle mordille

Pour me tenir éveillé.
Parfois, ma femme proteste

Quand nous faisons trop de tintouin

Après quoi, de la parole et du geste

Elle nous dit de dégager le terrain.

 

Nous quittons alors la chambre

Et nous allons au bureau

Où nous restons ensemble

Jusqu’au matin nouveau.

Durant toute cette veille

Elle me fait travailler,

Me houspille, me presse, me surveille

Pour m’empêcher de pioncer.

 

Le résultat est là sous vos yeux :

Ce n’est qu’un échantillon
Parfois, il est tiré par les cheveux

Et d’autres fois, fringant.
A propos, vous ai-je dit son nom ?

Elle s’appelle POLYMNIE.*
C’est ma Muse des bons moments

Elle est ma meilleure amie.

 

* Polymnie : Muse de la poésie lyrique

 

 

LE  TELEPHONE  PORTABLE

D’après les statistiques officielles il y a actuellement en France, en juillet 1999, 14 millions de portables en circulation. Et il est prévu que ce chiffre doublerait dans pas bien longtemps ! Bientôt, même les nourrissons trouveront dans leur layette un portable coincé entre leur biberon et leurs couches culottes. C’est à se demander comment avons-nous vécu jusqu’ici sans portable ?

 

Je n’ai pas besoin de le dire, vous vous rendez tous compte qu’ils sont partout, partout : dans les rues, les écoles, les lieux publics et même dans les maisons ou, pourtant, il existe déjà deux ou trois téléphones dans chaque domicile. A quoi donc est dû cet engouement qui a un coût non négligeable pour certains budgets modestes ? Après l’ordinateur  domestique qui a envahi nos demeures, le portable est en train de s’imposer à son tour.

 

Les gens se sont-ils découvert soudain un besoin incoercible de communiquer entre eux ? Ou bien ce besoin était-il latent, tapi dans leur subconscient ? On dirait que, maintenant, ils ont peur de la solitude ! Ils veulent, à tout bout de champ, parler à quelqu’un, quel qu’il soit.

 

Je vais vous relater trois faits dont deux sont véridiques, le troisième étant une extrapolation de ma part. Ce sera à vous de découvrir lequel.

 

La semaine passée, nous avons été deux couples amis, ma femme et moi, dans un restaurant sur la corniche. Il faisait très chaud et nous avons choisi des places sur la terrasse. Deux messieurs ont occupé la table d’à côté et, aussitôt, l’un d’eux a sorti son portable et s’est mis à téléphoner. Sans discontinuer. Le garçon est venu à trois reprises prendre la commande, sans résultat. Finalement, son compagnon commanda pour lui un steak frites qui refroidit dans son assiette, tellement il était occupé à bavarder à tort et à travers. A peine finissait-il une communication qu’il entreprenait  une autre. A voix haute et sans aucun complexe. Cela a duré plus d’une heure et lorsque nous sommes partis, il était toujours en train de parler à tue-tête ce qui indisposait tout le monde autour de lui. Je suis sûr que cet individu devait avoir besoin d’un psychiatre.

 

Dans ce même restaurant, le propriétaire recevait des membres de sa famille, sa mère, sa sœur, son beau-frère et plusieurs gosses  Il dînait avec eux sur la terrasse et à la fin du repas, de sa table, il commanda à son cuisinier, avec son portable, des portions de pastèque pour tous alors qu’il aurait pu le faire par l’entremise de l’un des garçons qui servaient les clients alentour. Je vous donne ma parole que c’est la stricte vérité. Voulait-il impressionner ses hôtes par son « modernisme » ? Le portable est-il devenu un objet d’ostentation pour certains imbéciles ?

 

Voici le dernier : Près de la boulangerie où je me sers habituellement, se tient un monsieur qui fait la manche, originaire vraisemblablement d’un pays de l’Est. Je lui donne une pièce de temps à autre. Quelle n’a pas été ma surprise, dernièrement, de le voir converser dans un portable ! Je n’ai pu me retenir de lui demander à quoi pouvait lui servir cet appareil ? Savez-vous ce qu’il m’a répondu ? Il m’a dit que c’était pour se renseigner sur la cote avant de passer ses ordres en Bourse ! ! ! Depuis, il était de mon devoir d’augmenter, à chaque fois,

mon obole

 

 

 

 

Septembre 2012

 

 

PROFESSION  DE  FOI

 

Pour que le Ciel me pardonne      Vous me direz, sans doute,        

Tous mes vilains péchés,            ‘’Vous êtes un vilain monsieur !’’

A toutes je me donne                 ‘’ Vous vous moquez de toutes  ‘’

Sans, mes forces, ménager .       ‘’ Et ce n’est pas sérieux !          ‘’        

 

                    A celle que la poésie démange   Vous vous trompez, je le jure

Et qui prend des airs éthérés,    Je suis de très bonne foi

Je soupire,cent fois,                 ‘’Mon Ange’’ Et le but de mes aventures

Et la voilà comblée !                  Est de dispenser la joie !

 

A celle qui, de musique,              Car sachez qu’en toute femme

Aime être bercée,                     Il y a une VAMP qui dort

Je chante la réplique                Et, pour en raviver la flamme,

Des manigances de Circé.           Il suffit d’appuyer sur le bon ressort.

 

A celle dont la peinture             Alors, même celle qui ressemble 

Est le souci majeur,                   A une grossière Furie,

Je prépare une cure                 Aussitôt elle se transforme

De paysages et de fleurs. En. …une gentille souris.

 

Quant à la petite dévote           Dans mes bras elles ronronnent          

Qui aime tant prier,                  Comme de jolis petits chats

En lui dansant la gavotte *         Et il faut que je les sermonne

Je fais mes simagrées.             Pour qu’elles me lâchent,enfin,le..le..bras( !)

 

Mais pour celle qui préfère       Prenez-en de la graine              

Une nourriture plus épicée,       O ! hommes de peu de foi !

Je lui cuisine, à ma manière,       Et pour un petit peu de peine

Une recette éprouvée.               Vous aurez beaucoup, beaucoup de joies

 

* GAVOTTE : danse provençale à deux temps.

                                                                             Poèmes Hétérogènes                                                                                  

                                                                                      Albert Pardo

         

 

                                                                                                                                                  

F A U X   C A L C U L

 

Ayant atteint un âge respectable, je me suis dit qu’il était temps de mettre de l’ordre dans mes affaires. Cela m’a permis, entre autres, d’évaluer mon petit patrimoine. Nos enfants étant financièrement indépendants, je me suis demandé si je ne pouvais pas emporter avec moi ce patrimoine, de l’Autre Côté de la Barrière ?  Oui, mais COMMENT ?

 

Je me suis d’abord adressé au Conseiller Financier de ma banque : il m’a ri au nez ! Puis, à un transporteur de fonds vers la Suisse. Etant donné leurs relations financières UNIVERSELLES peut-être étaient-ils introduits même dans l’Au-Delà ! Il paraît que non mais…je n’en suis pas convaincu. J’ai pensé alors aux Ecclésiastiques qui, eux, étaient en contact permanent avec les Hautes Sphères. J’en ai parlé à un Rabbin, à un Curé, à un Imam…Tous m’ont dit que, dans l’Autre Monde, l’argent n’a pas cours,  sans compter l’impossibilité de son transport.

 

De guerre lasse, j’ai été voir un Magicien. Il m’a dit qu’il ne l’avait jamais fait mais que, d’après certains grimoires anciens en sa possession, cela était faisable. Je lui ai donc confié toutes mes liquidités et j’ai attendu avec confiance le moment de mon Passage Définitif. Et un beau jour, je me suis réveillé sur un nuage avec une petite valise à la main et habillé d’une feuille de vigne. EOLE, Dieu des Vents, souffla et mon nuage se dirigea lentement vers un grand portail portant une belle et grande enseigne

 

ENTREE  DES  ARTISTES

 

Une cour rectangulaire desservait trois chemins. J’ai lu, de gauche à droite, ENFER puis PURGATOIRE et, enfin, PARADIS.

 

Au centre de la cour il y avait une table occupée par trois personnages portant une longue barbe blanche et habillés de ce qui me paraissait être une chemise de nuit, de même couleur. Celui de gauche et celui de droite avait, chacun, un Grand Livre posé devant lui. Quant au personnage du milieu, il avait à portée de main un petit maillet identique à celui d’un commissaire-priseur. Il me fit signe d’avancer.

 

-      Qu’avez-vous là, me dit-il, en désignant la petite valise ? Je l’ouvris et lui montrais son contenu : des billets de banque français ainsi que des dollars (par précaution).

-      Tiens, tiens, fit-il en prenant ses compagnons à témoin, c’est la première fois que cela nous arrive ! D’habitude, nous comptons plutôt les bonnes et les mauvaises actions.

-      Je leur ai assuré que mes bonnes actions contrebalançaient les mauvaises et que j’avais apporté ce viatique pour payer mon admission au Paradis. Ils pouffèrent de rire et mon interlocuteur m’expliqua que l’Homme venant NU sur Terre, il n’avait aucun droit d’emporter avec lui, dans l’Au-Delà, quoi que ce soit. S’il le faisait, il commettait un VOL puisqu’il s’appropriait quelque chose qui ne lui appartenait pas et dont il ne devait disposer que de l’USUFRUIT seulement, pour son bien, celui de son entourage ainsi que pour les Bonnes Œuvres. Puis, s’adressant à ses compagnons, il dit :

-      Ouvrez vos Livres et donnez-moi les comptes de ce monsieur ! Ils se mirent à lire. Aïe, aïe, aïe, aïe ! …Jamais je n’aurais pensé à ça !

-      Ainsi, me dit-il, vous rappelez-vous qu’à telle date on avait fait appel aux fidèles pour contribuer aux réparations du lieu du culte et que vous vous êtes fait tirer l’oreille pour y participer si chichement ?

-      Oui, mais..

-      Il n’y a pas de mais qui tienne, vous deviez contribuer pour 1000 francs et vous n’avez versé que 200. Donnez-moi 800 francs.

Je pris cette somme dans la valise et la lui ai remise.

-      Vous rappelez-vous qu’à telle date vous et votre épouse aviez une folle envie de faire telle croisière et que vous vous en êtes privés par avarice, empêchant ainsi vos corps et vos âmes de jouir de ce que la Providence vous avait octroyé alors que vous vous étiez tant fatigués pour gagner cet argent qui, finalement, ne vous a servi à rien ? Donnez-moi tel montant ! Je m’exécutais.

Et ainsi de suite…Il m’a énuméré la multitude de fois où je m’étais privé de l’achat de tel smoking, de tel voyage, de tel Réveillon, etc. et, à chaque fois, je lui versais le montant que j’avais épargné. En fin de compte, il ne restait plus d’argent dans la valise pour régler mes péchés capitaux (fautes de capitaux). Alors il me dit que, maintenant, pour chaque franc que je ne pouvais pas payer, j’aurais à passer une journée en Enfer et une autre au Purgatoire. Tous comptes faits, je devais purger 13892 jours, 12 heures et 25 minutes dans l’Un et dans l’Autre ETABLISSEMENT !

Je me suis mis à pleurer et je lui ai dit que j’ignorais tout cela et que j’étais persuadé que l’argent que j’avais honnêtement gagné m’appartenait en propre définitivement.

-      Vous vous trompez ! me rétorqua-t-il. Sachez qu l’argent que l’on gagne, même honnêtement, c’est TOUJOURS grâce à quelqu’un, client ou consommateur de biens ou de services et qu’il faut qu’il ROULE afin de donner un peu de bonheur matériel à chacun à son tour. Lorsqu’on le THESAURISE, on le STERILISE et c’est un grand péché.

Après conciliabule avec ses deux assesseurs, ce vénérable personnage me tendit ma valise avec tous les billets dedans et me dit ceci :

-      Etant donné que vous êtes de bonne foi, nous allons vous donner une occasion de racheter vos manquements envers vous-même, envers votre famille et envers vos amis. Retournez sur Terre et emportez cette valise. Agissez comme il faudrait le faire car nous vous attendons au tournant !

-      S’il vous plaît ! une petite question : ne pourrais-je pas garder ce patrimoine pour le léguer à mes enfants ?

-      Mais, ma parole, dit-il, vous n’avez RIEN compris ! Si vous agissez de la sorte, votre patrimoine va agrandir celui que vos enfants ont et qu’ils laisseront à vos petits-enfants et ainsi de suite. Vous rendez-vous compte de la somme de privations de Bonheur Terrestre que cela représentera sur plusieurs générations ? POURQUOI FAIRE finalement ? Vous voulez donc ACCUMULER, ACCUMULER à l’infini d’une génération sur l’autre sans profit pour personne ? Autant n’avoir aucune fortune ! Allez ouste ! déguerpissez avant que je change d’avis !

 

Il donna trois coups de maillet sur la table et je me réveillais en sursaut dans mon lit, tenant dans une main la petite valise et, dans l’autre, la liste de tout ce que j’avais  manqué de faire jusqu’ici. J’ai couru aussitôt à mon Agence de Voyages pour acheter à ma famille et à mes amis des billets pour la Croisière des Gais Lurons.

Depuis lors, je ne garde qu’une provision « de précaution » et je dépense tout,TOUT,T O U T.

 

N.B. Il est évident que cette allégorie n’est valable que pour ceux qui sont âgés et sans charges. Les pères et mères de famille devront, au contraire, êtres économes en prévision des mauvais jours.

                                                                  PROPOS A TIRE – LARIGOT

                                                                               Albert Pardo

 

 

 

 

Mai 2012

 

LE  TEMPS  ET  LE  BONHEUR.

 

La médecine, la chirurgie ambulatoire, la chirurgie esthétique,  les  travaux sur la nutrition, etc. ont fait des progrès énormes. Ceux-ci ont eu pour résultat annexe, au cours de ces cinquante dernières années, d’augmenter sensiblement la longévité tout en «  réparant des ans l’inévitable outrage ». Or, que font la plupart des gens  de ce surplus de temps ? Ils le TUENT !

 

« Tuer le temps » est devenue une occupation courante. Nombreux sont ceux qui payent de l’argent pour le tuer et, pourtant, ils font tout ce qu’il faut pour se maintenir en vie : soins médicaux, cures thermales et gériatriques, régimes amaigrissants, etc. Quel étrange paradoxe !

 

Voulez-vous quelques recettes pour tuer le temps, c’est-à-dire pour oublier de vivre ?

 

-      Achetez des romans policiers ou à l’eau de rose que vous lirez juste pour perdre quelques heures.

-      Regardez la télévision à tort et à travers sans sélectionner les  sujets ou les films qui vous intéressent particulièrement.

-      Faites des réceptions ou participez à celles « d’amis » avec qui vous n’avez aucune affinité.

-      Embarquez-vous dans des mouvements ou des clubs qui ne répondent pas à vos aspirations profondes.

-      Faites la cour à une femme dont vous n’êtes pas réellement amoureux.

-      Occupez un poste uniquement pour gagner votre vie et pour lequel vous n’avez aucun intérêt autre que pécuniaire.

-      Téléphonez et écrivez sans à propos à vos amis et relations.

 

Voilà quelques exemples pour « passer le temps », « perdre le temps », « tuer le temps ». Or, le temps, c’est la Vie ! C’est le bien le plus précieux que la Providence nous ait octroyé. Bien utilisé, le temps procure du Bonheur ! N’est-ce pas augmenter son bonheur que de  lire un livre qui vous passionne, regarder une émission ou un film qui vous intéresse, recevoir ou rendre visite à des amis avec qui vos idées et vos sentiments sont en parfaire harmonie, participer à un mouvement ou faire partie d’un club qui vous donne le sentiment d’être utile à une cause, aimer une femme passionnément, occuper un poste où  non seulement vous gagner votre vie mais où vous pouvez encore donner la mesure de vos capacités, maintenir un contact téléphonique et épistolaire avec les êtres qui vous sont chers, etc. etc.

 

Le TEMPS et le BONHEUR se rejoignent. Si le Bonheur a besoin du Temps, ce dernier ne donne du Bonheur que si l’on prend la peine de le rechercher. D’ailleurs le Bonheur n’est pas de nature uniquement métaphysique, il  peut aussi être physique et matériel

 

Là encore, nombreux sont ceux qui ne savent pas se procurer du Bonheur alors qu’il est à leur portée. Mais, d’abord, qu’est-ce que le BONHEUR ? D’après le Larousse c’est «  un état de parfaite satisfaction intérieure ». Ses synonymes  sont : Béatitude, Bien-Etre, Chance, Enchantement, Euphorie, Prospérité, Ravissement, Satisfaction, etc.

 

Que de beaux et bons mots ! Combien de personnes ne seraient-elles pas heureuses (à commencer par vous-même) de connaître cet état de grâce ? Et, pourtant, rares sont celles qui font le petit effort nécessaire pour y parvenir.

 

Que faut-il donc pour atteindre ce fameux Bonheur ? une grosse fortune ? un savoir immense ? un amour fou ? un appétit féroce ? Si tel était le cas, seuls quelques rares privilégiés y prétendraient !

 

Heureusement pour chacun de nous, le Bonheur n’a pas besoin de ces ingrédients extrêmes pour que nous puissions l’atteindre. Je prétends que le Bonheur est à la portée de TOUS. Il faut quand même le cultiver parce qu’il  n’est pas acquis une fois pour toutes. Il est éphémère ; à peine en avons-nous eu un petit peu pendant une minute, une heure, une journée que le voilà disparu….Faut-il le regretter ? Je ne le pense pas. Comme toutes les bonnes choses, il faut prendre le Bonheur à petites doses. Les gâteaux, le caviar, le foie gras sont des produits succulents, pourtant, on ne peut en manger abondamment à tous les repas, on en serait vite écoeuré !

 

Je ne pense pas que l’on puisse être rassasié de Bonheur car, de toutes façons, il est presque impossible d’en avoir d’une façon durable ; et puis, il est variable en intensité. Un Grand Bonheur est souvent fortuit alors que les petits Bonheurs de chaque jour on peut les recréer.

 

Non, je n’ai pas de recettes miracles pour recréer le Bonheur à la demande mais j’en ai quelques-unes d’infaillibles qui nécessitent, quand même, un tout petit effort et qui pourraient réussir à la plupart d’entre nous.

 

Vous Madame, si vous êtes mère au foyer, préparer à l’intention de votre compagnon un petit plat qu’il aime particulièrement ou achetez-lui un produit qu’il apprécie : fruit, vin, friandise, livre, disque, etc. Vous pouvez aussi soigner votre apparence et l’accueillir avec un sourire ou bien encore lui poser quelques questions sur sa journée de travail et vous intéresser sincèrement à ce qu’il vous dira.

 

Il y a des dizaines de choses de ce genre pour lesquelles vous n’avez besoin de personne pour les trouver. Il vous suffit d’avoir le désir sincère de les rechercher pour en voir la source jaillir en vous. Il n’est pas nécessaire d’appliquer ces gentillesses toutes en même temps et tous les jours de la semaine ! Une seule petite attention de temps à autre suffit pour améliorer considérablement  les relations dans un couple et créer du Bonheur. Mais nombreuses sont les femmes qui travaillent. Si tel est votre cas, essayer de trouver une minute, à l’arrivée de votre compagnon ou pendant le repas ou bien avant d’aller au lit pour lui dire que vous êtes heureuse de vivre avec lui. Si vous êtes de celles qui n’arrivent pas à exprimer de vive voix ce qu’elles ressentent, par pudeur, vous pouvez vous exprimer par un regard ou un geste affectueux. Cela est très important et sera la source d’un double Bonheur : celui que vous aurez en constatant le plaisir que vous procurerez à votre compagnon,  auquel s’ajoutera la prise de conscience que vous êtes effectivement bien avec lui et cela est encore du Bonheur.

 

Il est évident que, pour vous aussi Monsieur,  tout cela est également valable. De plus, quelques petits sacrifices de votre côté seront les bienvenus et ne manqueront pas de séduire votre compagne pour votre plus grand Bonheur mutuel.

 

La vie n’est pas faite uniquement de matchs, de journaux et de télé. Sacrifier de temps à autre un match ou un film pour consacrer ce temps à votre compagne et à vos enfants, ne peut faire que le plus grand bien à votre couple et à votre famille. Une fleur, un mot gentil, un geste affectueux ne coûtent pas cher et accroissent votre crédit dans le budget du Bonheur. Car celui-ci se cultive. Comme une plante. Sans trop de peines, il vous donnera fleurs et fruits. Est-il vraiment difficile de noter les évènements de votre couple : anniversaires de naissance et de mariage, fête des mères, muguet du 1° mai, etc. et de ne pas les laisser passer inaperçus ?

 

Nombreux sont ceux qui ignorent cette règle élémentaire : pour avoir du Bonheur il faut en procurer aux autres ! Pas seulement à votre femme, à vos enfants, à vos parents mais, aussi, à un collègue de bureau, à un voisin, a un ami que le malheur a frappé, voire à un passant. Semez le Bonheur, il vous submergera.

 

Il y a mille et une façon de donner du Bonheur aux autres, donc à vous-même. Il y a celles qui nécessitent de l’argent. D’autres, du temps. Et de nombreuses autres : RIEN DU TOUT ! Avez-vous essayé le Sourire ? la Politesse ? l’Attention que vous prêtez à quelqu’un qui vous raconte dans quelles pénibles circonstances il vient de perdre un être cher ? Ce sont là des choses qui ne coûtent rien et qui procurent du Bonheur à tout le monde. Vous ne me croyez pas ? Alors faites cet essai demain matin :

 

Souriez à deux ou trois personnes que vous rencontrerez : votre concierge, votre voisine ou la personne à qui vous retiendrez la porte battante du couloir du métro, à l’éboueur à qui vous direz bonjour en souriant, bref, à tout le monde. Il ne s’agit pas d’un sourire béat, niais ou mécanique mais d’un sourire chaleureux et sincère. Essayez, vous serez charmé du Bonheur que cela vous procurera et, par la suite, vous ne sourirez pas seulement à quelques personnes rencontrées mais à tout le monde.

 

Ah ! la puissance charmeuse du sourire ! C’est une arme magique, féerique contre la hargne, la susceptibilité, l’agressivité, l’égoïsme et tant d’autres maux. Un proverbe oriental dit :

 

ETHHAK  OUEL  DONIA  TETHHAKLAK

SOURIS  ET  L’UNIVERS  TE SOURIRA

 

Combien coûte un bonjour ?  Rien que la peine de le dire. Et un bonjour accompagné d’un  sourire, c’est le Paradis sur terre. Vous ne me croyez pas ? Ecoutez ceci :

 

A la porte de ma banque se tient un garde armé qui s’ennuie ferme à longueur de journée, dans l’attente hypothétique d’un hold-up. Des dizaines de clients entrent et sortent de cet Etablissement. Ils passent près du gardien sans même remarquer sa présence. Quant à moi, je lui dis bonjour avec un grand sourire. La première fois, il a été tellement surpris, qu’il n’y a pas répondu. Par la suite, il y répondit et, maintenant, dès qu’il me voit arriver de loin, il sonne pour moi pour ne pas me faire attendre, retient le battant à mon passage et son large sourire me démontre le plaisir qu’il a à me voir. Et à chaque fois, je suis heureux du petit Bonheur qu'il ressent d'être considéré par moi comme un être humain et non pas comme un objet.

 

Prenez l’habitude de sourire. A la caissière du Supermarché, à la vendeuse du comptoir, à la préposée de la Poste, au serveur du restaurant, à tous ceux qui font un travail pénible et harassant. Et à tous les autres.

 

Ayez aussi la politesse du cœur. Dites-leur merci lorsqu’ils vous servent. Mieux encore : merci Madame, merci Monsieur. Avec un sourire en prime. Vous serez charmé de leur réaction et de leurs sourires. S’ils sont trop surmenés ou trop occupés pour remarquer immédiatement votre gentillesse, soyez sûrs qu’ils l’apprécieront après coup et que ça leur réchauffera le cœur. Ce sont des bonnes actions qui vous procureront immanquablement du Bonheur.

 

                                                        Tiré de : Propos à Tire-Larigot

 

SONGES  DE PLUSIEURS  NUITS  D’ETE

 

Il m’arrive très souvent de rêver

Et la plupart de mes rêves sont agréables.
Certains se dissipent dès mon lever

D’autres, me laissent des souvenirs durables.

Une certaine nuit j’ai donc vécu

Une étrange et délicieuse aventure :

Dans mes jeunes années je me suis revu

En compagnie d’une ravissante créature.

 

Bien qu’elle eut l’innocence de son âge

(Car elle paraissait presque une enfant)

Elle excellait en marivaudage

Et m’a  mis bien vite sur les dents…

Mais à peine avais-je esquissé

Une approche dubitative

Que, rapidement, elle disparaissait

En me donnant une petite caresse furtive…

 

Je me réveillais alors en sursaut

Et me rendais de suite compte

Que les rhumatismes de mon dos

Etaient plus réels que ce beau conte.

Ce manège se répéta

Plusieurs nuits d’affilée.
Chaque fois il me laissa

De la nostalgie et du regret.

 

A chacune de ses visites oniriques

Je lui déclamais des poèmes

Que m’inspiraient ses lutineries pudiques

Mais un peu osées, quand même…

Nos relations devenaient passionnelles

Sans, toutefois, se concrétiser ;

A notre dernière rencontre habituelle

Voici ce qui est arrivé :

 

Elle m’a laissé goûter à ses lèvres :

Elles sont plus douces que le velours !

De l’Amour, elles m’ont donné la fièvre

Et mon sang n’a fait qu’un tour.

Mes mains, fébriles, ses disciplinèrent

Pour aller délicatement effleurer

Les deux adorables boutons de chair

Qui, sous sa chemisette, pointaient.

 

 

Je perdis alors la tête

Et obstinément dégageait

Les deux fines épaulettes

Auxquelles elle se cramponnait.

Elle se laissa finalement prendre

A ce jeu et je découvris

Ses deux épaules rondes :

J’en fus tout ébloui !

 

Forçant tendrement sa résistance

Je saisis dans mes mains,

En haletant et presque en transes,

Les globes de ses jolis seins.
Durs comme du Sèvres

Et plus satinés que la soie

Tour à tour, de mes lèvres,

Ils devinrent la divine proie.

 

Elle m’abandonna, pantelante,

Ces Fruits du Paradis,

Ces deux coupoles palpitantes

Que je me mis à croquer à l’envi.

Emue par mon intime fugue

Et sous mes caresses répétées,

Elle se pencha sur ma nuque

Et y déposa un baiser.

 

Puis, toujours femme de tête,

Doucement elle se dégage

Car ni l’heure ni le lieu ne se prêtent

A cet aimable badinage.

Se ressaisissant de son trouble

Elle remet de l’ordre dans sa toilette ;

Ses gentils sourires redoublent

Pour m’empêcher de faire la tête.

 

Je reste donc sur ma faim

Et, depuis cet inoubliable moment,

Dans mes rêves, mes deux mains

Cherchent à recréer cette sensation…

Mais je te promets ma toute belle

Qu’à la première occasion,

Je ne te lâcherai plus, cruelle,

Et te ferais entendre raison.

 

A-t-elle eu peur de la suite

Et de ma détermination ?

Le fait est qu’elle prit la fuite :

Je ne l’ai plus revue depuis cet instant.

Tiré de : Poèmes Hétérogènes

 

 

 

 

Janvier 2012

 

Chers Amis,

A l’occasion de la Nouvelle Année je vous offre une Nouvelle Rubrique. Elle porte le titre de :

«SI-BERTO» m’était conté

 

Elle comprendra  des  textes et des poèmes tirés de mes recueils non encore édités :

PROPOS A TIRE-LARIGOT et

POEMES HETEROGENES

 J’espère qu’ils vous feront passer des moments agréables.

-o-o-o-o-o-o-o-o-

 

 

 

CHARADE  DE  SI – BERTO

(je me présente)

 

Mon premier est un TITRE.

Mon second, un DIMINUTIF.

Mon tout est un ARBITRE

Qui agrémente ou empoisonne toute manif.

Et encore :

Mon premier est ARABE.

Mon second, ITALIEN.

Mon tout est un délicieux  « CHARABE » (*)

En Italo – Egyptien.

Pour ne pas vous faire languir,

(Car vous ne trouverez point),

Je vais vous le définir

Puisque vous n’êtes pas devin.

 

SI : est une contraction du mot arabe SIDI

Qui signifie : Seigneur, Maître, Monsieur.

BERTO : est un diminutif du prénom italien

ALBERTO (Albert)

 

SIBERTO – en un seul mot – veut dire alcool en

arabe égyptien. C’est une altération du mot

italien SPIRITO (alcool)

J’ai donc pris le pseudonyme de SI-BERTO en

Hommage aux breuvages alcoolisés que j’aime

Bien consommer (toujours avec modération),

Surtout en compagnie de ceux que j’aime.

                                                  Albert Pardo

 

 (*)  CHARABE = liqueur alcoolisée ou non.

 

-o-o-o-o-o-o-

 

 

UNE HISTOIRE VACHE

 

Comme tous les matins, j’ai été ouvrir ma bergerie pour libérer mon troupeau de moutons et là qu’est-ce que je trouve ? Je vous le donne en mille : UNE VACHE ! Je n’ai donc pu m’empêcher de m’écrier :

-      Mon Dieu ! Une vache ! Et aussitôt elle me répondit :

-      Oui, mais je ne suis pas folle !

-      Tiens ! vous parlez le français ?

-      Je parle aussi l’anglais.

-      Je veux dire comment une vache peut-elle parler le langage humain ? D’habitude, les vaches font : meuh ! meuh !

-      C’est une longue histoire. Aujourd’hui, les gens n’ont pas la patience de déguster les paroles ou les écrits, ils veulent qu’on leur dise TOUT en trois mots : ce n’est pas possible !

-      Avez-vous un nom ?

-      Oui, on m’appelle La Rousse.

-      Comme le Dictionnaire ?

-      Non, le Dictionnaire c’est en un seul mot, moi c’est en deux

-      Pourtant vous n’êtes pas rousse mais blanche !

-      Ce n’est pas à cause de ma couleur mais de ma profession.

-      De votre profession ? Je ne comprends pas.

-      C’est que je suis de la Police secrète, de « la rousse » quoi ! Pour tout vous dire, je suis membre de Scotland Yard. Mon nom de code est Captain FOX et mon matricule est 007 et 1/2.

-      Tiens, tiens ! mais FOX en anglais ne veut-il pas dire RENARD, en français ? Pourtant vous êtes une vache !

-      Oui, mais c’est pour brouiller les pistes.

-      Comment êtes-vous entrée dans la bergerie sans forcer la serrure ?

-      Secret d’Etat.

-      Ecoutez ! Moi, je ne veux pas avoir d’histoires. Vous allez retourner de là où vous êtes venue ! A propos d’où venez-vous ? –

-      Du Yorkshire, en Angleterre. Je ne peux pas m’en aller maintenant car j’ai une mission à accomplir. Votre nom a été désigné par l’Ordinateur Central. Vous serez très largement indemnisé pour mon hébergement.

-      Mais qui me dit que vous n’êtes pas folle ?

-      C’est que je n’ai jamais mangé de farines animales.

-      Et pourquoi donc ?

-      Parce que ce n’est pas cachère.

-      Vous êtes juive ?

-      Moitié, moitié, ma mère est juive et mon père anglican.

-      Vous allez prier à la synagogue ou à l’église ?

-      Vous êtes fou ? on ne laisse pas entrer les animaux dans les lieux du culte.

-       Je prie « in petto », en moi-même.

-      Quelle est votre mission ?

-      Puis-je vous faire confiance ?

-      Je vous donne ma parole que je ne le dirai à personne.

-      Je suis chargée de découvrir ceux qui ont inventé de nourrir les bêtes avec des farines animales, transgressant ainsi les lois de la nature. Ils seront châtiés avec la plus grande sévérité !

-      Mais quel est votre menu habituel ?

-      Je mange du trèfle, de la luzerne, du foin, du sainfoin et très peu du caviar.

-      Du caviar ? pour une vache ? je ne vous crois pas.

-      Je peux vous le prouver !

-      Comment ?

-      Vous savez que dans les pays du tiers monde on emploie la bouse des vaches comme combustible après l’avoir mis en galettes et séchée au soleil ? , Ma bouse à moi, grâce au caviar, est composée de perles.

-      Des perles ? je voudrais bien  voir ça !

-      Attendez au 31 du mois et je vous le prouverai.

-      Pourquoi le 31 ?

-      Perce que je ne fais mes besoins que le 31 de chacun des mois qui en comptent.

-      Et les mois qui finissent par 30 ou 28 comme le mois de février ?

-      Pas de bouse !

A ce stade, j’ai commencé à avoir un mal de tronche de première. Mais nous étions le 29 août, il n’y avait que deux jours à attendre. Le lendemain soir, le 30, j’ai couché à la bergerie près de la Rousse, pour récolter les perles toutes chaudes. Malgré mes efforts pour dormir, je suis resté éveillé très tard dans la nuit. Au petit matin, je me suis écroulé comme une masse et j’ai dormi à poings fermés. Quand je me suis réveillé, j’étais couvert de bouse de vache ordinaire et, à côté  de moi, il y avait un carton où était écrit ceci :

Vous n’avez pas voulu me croire

Le charme est rompu

Tant pis pour vous.

La Rousse avait disparu et un licou gisait à la place où elle se trouvait. Dans le journal local du 2 septembre, il y avait cet entrefilet sous la rubriques des FAITS DIVERS :

Un homme, couvert de bouse de vache

Cherchait partout des perles.

Il a été interné à l’hôpital Psychiatrique de notre Ville.

 

Jusqu’où iront les manigances des Organismes Secrets Gouvernementaux : C.I.A., Intelligence Service, Scotland Yard, Moukhabarat, Shiine bet et autres Stasi ?

Que Dieu nous protège !

 

                                                 Tiré de PROPOS A TIRE-LARIGOT

                                                                    Albert Pardo

 

-o-o-o-o-o-o-o-o-.

 

 

O !   M A N G A L I A !

De 1982 à 1986, nous avons suivi la cure du Docteur Anna ASLAN en Roumanie, dans une localité qui s’appelait MANGALIA distante de 80 kilomètres de BUCAREST, la capitale. Les soins nous étaient dispensés dans un complexe spécialisé, situé au rez-de-chaussée de l’hôtel où nous étions logés.

Cette cure consiste en soins de physiothérapie et de gériatrie dont l’administration de piqûres du fameux GEROVITAL et de prises de comprimés d’ASLAVITAL, médicaments mis au point par cette doctoresse, réputés pour, dit-on, la régénération des cellules et le retardement du vieillissement.

On vient du monde entier pour suivre cette cure et il paraît que de nombreux chefs d’états et des personnalités du monde de la politique et du spectacle la suivent, incognito.

Je connais un lieu étrange

A Mangalia, Roumanie,

Dirigé par une foule d’anges,

Des belles et charmantes souris.

 

Dans les couloirs, déambulent

Des vieux croûtons rassis

Qui portent un peignoir, des mules (1)

Et une fiche en carton, racornie. (2)

 

Vous les suivez de porte en porte

Et attendez patiemment,

Dans cette anonyme cohorte

Que l’on appelle votre nom.

 

Dès que vous franchissez la porte

De la fangiothérapie,

Une solide soigneuse vous porte

Et vous allonge sur un châlit.

 

De la pointe des pieds au sommet de la tête

Elle vous enduit de boue

Puis, elle malaxe vos tripettes,

Vos jambes, vos doigts et votre cou.

 

Vous vous sentez une petite chose

Entre ses mains aux doigts musclés

Et vos fesses, à l’air, explosent

De gifles bien appliquées.

 

Vous courez ensuite prendre une douche

Pour vous débarrasser

De cette épaisse couche

De chocolat Nestlé.

 

Puis, vous vous dirigez à toute allure

Vers la piscine chauffée

Où vous plongez dans une sorte de mixture

Et en pleine promiscuité.

 

Uno, doï, trey, patro (3)

Vous faites des exercices rythmés ;

Tchinche, chesté, chepté, opt (4)

Vous voilà tout guilleret !

 

Vous vous précipitez ensuite

Pour faire votre piqûre préférée (5)

C’est elle qui vous ressuscite

Et vous maintien la virilité.

Le moment alors est arrivé

De passer à l’ultrason :

Dans la cabine d’électricité

On vous met sous haute tension.

 

De service en service, on passe

Comme des automates téléguidés,

Sans que l’on se rende compte le temps passe

Jusqu’à midi bien sonné.

 

Enfin, au restaurant vous êtes

Aimablement accueilli

Par les gentilles Aïda et Jeannette

Et l’inénarrable Emmanuel Matteï.

 

Vous pouvez lui commander

Tout ce dont vous avez envie :

Foie gras, caviar, saumon fumé

Il vous dit toujours oui ! oui ! oui !

 

Puis, fièrement il dépose

Devant vos yeux ébaubis,

Toutes les étranges choses

Dont son menu est farci ! (6)

 

En même temps il lancera ‘’ voilà chef ‘’

‘’ C’est maaaagnifique ! ‘’

Et vous, vous opinerez du chef

Avec un sourire ironique.

Le lendemain, analyse d’urine

Et prise de sang aussi ;

Sur toutes les coutures on vous examine

Et même la résistance de zizi (7)

 

Il paraît qu’après cette cure

Nous allons tous devenir

Des Apollons, des Hercules, des durs,

Des Dieux d’Amour pour tout dire…

 

Que cela est merveilleux

Que cette transformation !

On fera l’amour à qui mieux mieux

Sans la moindre restriction !

 

On le fera sur commande,

Des francs-tireurs nous deviendrons ;

Il suffira qu’on nous le demande

Pour que l’on s’exécute sur le champ !

 

Plus de planning rigoureux,

A tel jour ou à tel moment ;

Nous ne deviendrons plus jamais vieux

Et aucune prise n’aura, sur nous, le temps.

 

Que grâces vous soient rendues

O Docteur Anna ASLAN !

C’est pour vous que nous sommes venus

Et que l’an prochain nous reviendrons.

 

Pourvu que vous continuiez

A nous rendre toujours ‘’ puissants ‘’

Nous viendrons déposer à vos pieds

Tous nos dollars et tous nos francs.

 

(1)Les curistes vont de service en service, habillés d’un peignoir et de pantoufles.

(2)Racornie par l’usage ; il faut la présenter chaque jour, pour chaque soin.            

(3)un, deux, trois, quatre, (en roumain).

(4) cinq, six, sept, huit.

(5)C’est la piqûre de gériatrie pour régénérer les cellules.

(6)A cette époque, la Roumanie manquait de tout et bien que nous fussions en pension complète, nous apportions avec nous de la nourriture en boîtes, pour la durée de notre séjour, tant pour nous que pour offrir aux soignantes.

(7)C’est juste pour la rime et pour un sourire.

 

                                                  Tiré de POEMES HETEROGENES

                                                                    Albert Pardo

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